A l'heure des ailiers stars, Jack Nowell s'épanouit à La Rochelle dans un rôle à contre-courant des standards du poste

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Il pourrait jalouser les éclairs de Bielle-Biarrey ou les fulgurances de Penaud, mais Jack Nowell n'est pas du genre à regarder les feuilles de match pour vérifier s'il y a marqué son nom à côté du mot "essai". L'Anglais a un autre regard sur le poste d'ailier. Et surtout, un objectif beaucoup plus grand que les stats : gagner un titre avec La Rochelle. "Je ne marque pas pour moi, je marque pour l'équipe" Dans un entretien sans détours via RugbyPass, le Rochelais a livré une vision du rugby aussi généreuse que précieuse dans le système de jeu du Stade Rochelais : "Ne te méprends pas, c'est sympa de marquer, de voir son nom sur la feuille. Mais je ne marque pas pour moi. Je marque pour l'équipe. Je ne base pas ma carrière, ou un match, sur le nombre d'essais que j'ai inscrits." Pour lui, ce qui compte, c'est la victoire collective, peu importe qui franchit la ligne. Il avoue même préférer créer quatre essais que d'en marquer un seul lui-même. Et quand on regarde ses stats en Champions Cup, on comprend mieux : 21 défenseurs battus, meilleur total de la compétition cette saison. Plus que des chiffres, un état d'esprit. Même si sa feuille de stats ne s'arrête pas là avec 211 mètres parcourus, 45 ballons joués à la main, 23 plaquages, 8 offloads, 5 franchissements et 2 essais. Un ailier à l'ancienne ? "Je préfère faire d'autres choses sur le terrain que certains ailiers ne font pas", lâche-t-il. Battre des défenseurs, bien sûr, mais aussi plaquer, gratter des ballons, avaler les mètres quand les avants soufflent, se proposer dans les zones de combat… Autant de tâches invisibles que Nowell embrasse pleinement. "Si un troisième-ligne marque dans le coin à ma place, tant mieux." Avec humilité, il souligne que certains ailiers français sont "incroyables", citant les Bordelais Bielle-Biarrey et Penaud qui "marquent pour le plaisir". Mais lui préfère être utile autrement. Ce n'est pas une question de style, mais de contribution au collectif. Le rêve Rochelais, la vraie motivation À désormais 32 ans, Nowell affirme jouer l'un des meilleurs rugby de sa carrière. Il cite notamment son match contre le Leinster comme référence. Et derrière cette forme, un environnement qui lui convient : le climat plus doux, la gestion humaine de Ronan O'Gara, et un staff qui lui laisse de l'essence pour le week-end. Mais surtout, ce qui l'anime, c'est le souvenir de la parade dans les rues de La Rochelle après le titre : "C'est l'une des raisons pour lesquelles je suis venu ici. Je voulais être sur ce bus, faire partie de cette célébration." Nowell a déjà soulevé la Champions Cup avec Exeter. Mais avec les Maritimes, il veut goûter à ce bonheur version jaune et noir. Et surtout, pas qu'une seule fois : "Quand tu y goûtes, tu veux y revenir. Je ne serai jamais satisfait avec un seul titre." À fond sur la Champions Cup, malgré le Top 14 en pointillés Le contexte n'est pas idéal en championnat, La Rochelle ayant un peu calé en Top 14. Mais selon Nowell, la période internationale ainsi que la parenthèse européenne ont permis de "rafraîchir les têtes". Et la Champions Cup est une autre aventure, une autre dynamique. "C'est une nouvelle compétition, un nouvel adversaire. S'imposer ici n'est pas simple. Mais on doit leur rendre la tâche encore plus difficile." Et ça tombe bien : Nowell adore faire le sale boulot pour son équipe. S'il doit être l'ombre qui fait briller les autres, il enfilera le maillot sans hésiter. Ce n'est pas l'essai qu'il vise, c'est le bouclier. Et si ce n'est pas cette saison, il aura d'autres occasions d'y parvenir avec le Stade Rochelais. L'Anglais est en effet lié avec le club maritime jusqu'en 2027. 

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